Elle était en retard. Cela devenait une habitude mais elle n’arrivait pas en changer. Debout, petit-déjeuner, toilette et elle était parti. C’est à ce demander comment elle pourrait faire moins. Ou alors il lui faudrait se lever plus tôt. Elle y avait pensé plusieurs fois et, systématiquement, avait abandonné l’idée au matin pour dormir un peu plus longtemps.

Il faut dire aussi qu’elle se couchait tard. La aussi, difficile de comprimer pour elle. Elle rentrait du boulot, mangeait et se permettait un petit moment de détente en regardant la télévision. Elle pourrait manger plus vite en achetant des plats à emporter mais elle n’en avait pas vraiment les moyens. Sinon elle pourrait couper son moment détente. Tout revenait à des sacrifices qu’elle devait faire en plus.

La solution elle la connaissait, il lui fallait déménager quelque part plus proche de son travail ou bien en changer. Elle cumulait trois heures de trajets journaliers, plus même les jours de grands embouteillages.

Elle rejeta l’idée. Ce n’est pas qu’elle aimait particulièrement son travail mais la paye n’était pas horrible et elle a passé tellement de temps à trouver ce poste. Elle ne sentait pas la force d’ajouter la recherche de travail à son planning déjà très chargé. Cela prendrait sur ces week-ends et ça, c’était hors de question. C’était le seul moment où elle avait le droit de voir ses enfants. Depuis qu’on les lui avait retiré, sa vie lui semblait horriblement vide.

L’assistante sociale lui avait dit que ce n’était que temporaire, le temps qu’elle se remette sur les rails. Depuis, elle avait retrouvé un emploi et elle travaillait à remettre à flot son compte bancaire petit à petit. Malheureusement sans ses enfants, c’était parfois dur pour elle de garder le cap. Si en plus elle ne pouvait pas les voir les week-ends alors elle ne voyait plus d’intérêt à tout cela.