Je souffre du syndrome d’Asperger. Je n’ai jamais été diagnostiqué. Je ne ressemble pas au stéréotype que l’on a en tête lorsque l’on pense à un autiste, y compris léger. Je me fond très bien dans la société. Mais, quand je décris que je souffre du syndrome d’Asperger, ce n’est pas une manière de parler. C’est réellement une souffrance.

J’ai des difficultés à établir des liens avec d’autres personnes. Lorsque j’ai une relation avec quelqu’un, je ne suis pas capable d’en évaluer la force ou la profondeur. Je rompt aussi très facilement mes liens avec les autres, sans forcément y repenser à deux fois ou alors plusieurs années plus tard.

Dans mon enfance, cette différence m’a généré beaucoup de problèmes et de peines. J’ai très souvent été en décalage avec mon environment. Avec le temps, j’ai appris à essayer de réagir et d’interagir avec les autres non pas d’instinct mais e analysant ce que l’on attendait de moi. Si cela m’a beaucoup aidé à m’intégrer en société, cela me génère également une grande source de stress.

Il m’a fallu du temps pour faire ce chemin qui m’a amené à accepter ma différence. Étant petit, je rejetait la faute sur les autres. Mes parents m’ont aidé à avancer dans cette direction. Puis, en grandissant, j’ai commencé à me dire que je n’était pas normal. J’imagine que beaucoup d’adolescents traversent ce genre de phase. Pour moi, cela a progressé en une forme de dépression. J’ai souvent pensé au suicide comme une vraie solution. Une fois adulte, j’ai oscillé entre une envie d’être comme tout le monde, envie d’être capable de me faire des amis avec la même facilité que les autres, et le rejet de mes congénères.

J’éprouve une forme d’empathie avec les autres que je qualifie de bipolaire. Par instinct, je n’éprouve souvent que peu de sentiments. C’est en analysant les situations et en me mettant à la place des autres que je ressent des sentiments très forts d’empathie.

Je n’ai réellement pris conscience de mon état que très récemment. Du moins je ne l’ai accepté que très récemment.