La créativité est comme un muscle. Si on ne l’utilise pas, elle s’atrophie. Je suis comme beaucoup de monde, une fois sorti de l’école je n’ai plus beaucoup eu à être créatif. Dans ma vie de tous les jours je n’ai pas besoin d’écrire de dissertation, d’inventer des histoires ou de dessiner. J’ai à résoudre des problèmes mais cela demande plus de l’analyse que de la créativité. Bref, je ne suis pas un créatif.

Cette absence de créativité est un manque pour moi. Je rêve d’écrire des livres. Ce rêve, je l’ai mis au placard pendant un temps car il ne rentrait pas dans les cases. Après tout, c’est bien gentil de vouloir écrire mais c’est difficile et puis il faut manger et payer le loyer. Alors j’ai fais des études et j’ai trouvé un travail, un vrai.

Malheureusement voila, j’ai un manque maintenant. J’ai ce rêve qui en a marre d’être au placard et qui tape pour en sortir. Je me suis toujours dis que je pourrai toujours le laisser sortir plus tard. C’est facile de remettre à plus tard. Seulement un jour je me suis rendu compte que plus tard ne serait jamais aujourd’hui sauf si je le décidai.

C’est ce que j’ai fais à trente cinq ans. J’ai décidé que c’était le moment de laisser sortir ce rêve du placard. Le laisser voir la lumière du jour, s’étirer et partir à l’aventure. Après si longtemps reclus, mon rêve a besoin de rééducation. Il est comme ma créativité, il a besoin de se remuscler et que l’on croit en lui.

C’est pour cette raison que j’ai commencé à écrire. J’y vais à petit pas, j’ai encore besoin de béquilles mais je sais que, d’ici peu, je pourrai marcher puis courir.